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Tranches de vie ..
où les accompagnants se renvoient la balle (maintenir l’autre dans un statut, une image infantile ou lui « donner » un statut d’adulte), se polarisent dans l’analyse de leurs pratiques sur l’opposition « enfant/adulte », et cristallisent le débat sur l’inévitable dichotomie « infantilisation/statut d’adulte »…
Les personnes que nous accompagnons devraient donc s’y conformer, s’y adapter manifestant ainsi un état « adulte », reflet de l’exercice d’une maturité psychique et cognitive, que nous nous efforçons de soutenir dans notre action éducative...
En quelque sorte nous sommes alors dans de l’adaptatif, du correctif…
L’état adulte opposé à celui d’enfant devient un but à atteindre,
un critère de discrimination essentiel de nos pratiques.
Quitte parfois à être bien loin du sujet que nous accompagnons dans nos propositions…le rendant tout aussi dépendant que dans la démarche opposée et autrefois majoritaire situant les personnes déficientes intellectuelles, en difficulté psychique comme des éternels enfants.
Bien évidemment la présentation d’objets stimulants, d’un environnement riche et favorisant cette croissance de l’individu de façon socialement adaptée fait partie de notre travail…et bien entendu il y a interaction entre ce qui est présenté et l’expression, les choix d’une personne.
Entre Disney World et Disney World …il n’y a pas d’espace pour le sujet, il y a enfermement, « assignation à résidence psychique » dans un espace donné… et là on peut alors à mon sens parler d’infantilisation.
Il me semble que dans ce débat il est nécessaire de se décaler…
...de réfléchir à ce qui fonde notre intervention.
Retour aux sources : l’enfant, l’infans c’est celui qui ne parle pas…
Tout d’abord parce que les goûts, les cultures et les habitudes peuvent différer (chacun à une histoire, un trajet familial, social).
Ensuite parce que les diversités psychiques, les différences cognitives, perceptives, les modes d’être au monde font varier les humains à l’infini…
Gardons nous de tendre la main à l’autre en nous situant d’un endroit où il ne pourra jamais la saisir… sous prétexte que cette diversité demande de l’attention et que les différences, les difficultés psychiques et leurs manifestations concrètes dérangent notre vision ordonnée du monde.
A travers nos propositions éducatives, l’important au bout du compte est l’espace laissé au sujet pour s’en saisir (ou les refuser), la possibilité de « jeu » que nous lui laissons/ouvrons pour exister, créer souvent « rien qu’un peu » sa propre vie, exprimer ses désirs…
Il nous faut évaluer, souvent dans l’instantanéité des gestes quotidiens, ce qui va soutenir cette émergence/affirmation du sujet.
Nous devons être capable de déterminer nos priorités avec chaque personne dans sa singularité et de différencier les domaines où le manque d’adaptation minimum est particulièrement invalidant et où nous serons plus « normatifs » dans nos propositions et parfois exigences (par exemple l’aspect vestimentaire lors de sorties, le respect des règles sociales en vigueur dans les espaces collectifs institutionnels ou les espaces publics…cinéma, restaurant..).
Faire l’économie de cette démarche serait de « l’infantilisation, en attribuant à l’autre une mentalité, un comportement d’enfant »…
soit par manque d’exigences adaptées (celles qui invitent à exister un parmi les autres)…
soit par manque d’espace psychique (rendant l’autre dépendant de nos projections et désirs).
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