L’habit est censé faire le moine…mais en regardant le film « Spider » (David Cronenberg) nous pouvons saisir à quel point il fait « l’homme ".

Le héros du film, Spider, rejoint un foyer de post cure psychiatrique après un séjour en hôpital.
Le film s’attache à suivre le parcours de cet homme à la recherche de traces de son existence passée : peu de dialogues, juste le trajet, les souffrances et les « hallucinations » d’un homme « Spider »… ses petits carnets illisibles, sa façon de se « protéger » du monde extérieur en tentant de tisser sa toile. Donc notre homme s’habille avec de nombreux vêtements, chemises en couches successives, qu’il ne peut quitter…et quand cela ne suffit plus, entre son corps et les vêtements, quelques épaisseurs de papier journal.
En commentaire la réflexion d’un autre occupant du foyer : « l’habit fait l’homme…mais plus il y a d’habit, moins il y a d’homme… ».

Peut être transformerai-je le « fait l’homme » en « tient l’homme » dans un premier temps.

Ainsi Bertold, lors de ses moments de grande angoisse a besoin pour sortir de sa chambre d’être « couvert», d’ « être tenu » par plusieurs épaisseurs de vêtements devenus peaux successives. Ses vêtements anciens il ne peut les jeter …et les nouveaux passent par un temps d’adoption nécessaire plus ou moins long. Comme pour les nouveaux objets qui rentrent dans sa chambre (achats, cadeaux…) ils sont d’abord là avant de pouvoir être utilisés (parfois jamais !). Lorsque les choses sont difficiles, il est clair que cette façon de s’habiller permettent à Bertold de s’inscrire à minima parmi les humains, dans son environnement quotidien, sans danger, de ne pas s’y disperser en "éclats d'humain".

Quand Bertold est plus serein, quand il se sent en sécurité, les épaisseurs sont moins nombreuses, il arrive à être « contenu », à exister avec une plus grande adaptation aux contraintes sociales et climatiques.

La météo du jour donne bien quelques indications sur la façon de s’habiller de façon « adaptée », « normalisée »…mais il faut souvent négocier avec chacun, lors de l’accompagnement matinal, un compromis vivable entre celle-ci et la météo interne du sujet !

Sans cette attention, la journée risque d’être bien difficile
pour Bertold et bien d’autres…



Quelques liens sur « Spider » :


http://www.festival-cannes.fr/films/fiche_film.php?langue=6001&id_film=3101990 http://www.horschamp.qc.ca/article.php3?id_article=184